L'Afrique esclavagiste d'hier et d'aujourd'hui, terreau des guerres éthniques (génocides).

Publié le par DAN

"Pour vous le conflit au Darfour s'inscrit-il dans la continuité de l'esclavage et du génocide ?
Sur ce sujet, les faits parlent d'eux-mêmes. En avril 1996, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Soudan, faisait état d'une "augmentation effrayante de l'esclavagisme, du commerce des esclaves et du travail forcé au Soudan." En juin de la même année, deux journalistes du Baltimore Sun qui s'étaient également introduits au Soudan, écrivaient dans un article intitulé 'Deux témoins de l'esclavage' qu'ils avaient réussi à acheter deux jeunes filles esclaves, pour les affranchir. Je serais donc tenté de dire : du Darfour au Darfour, l'horreur continue avec cette fois le nettoyage ethnique en plus."  Les Manants du Roi 19/09/09

Nos amis des "Manants du Roi" prenant pretexte du mouvement visant à débaptiser certaines rues de Nantes, de Bordeaux, publient une série de billets remarquables dont celui sur les traites arabo-musulmanes, à l'occasion de la sortie du livre de Tidiane N'Diaye "Le génocide voilé", qui permettent un regard lucide sur le génocide au Darfour, entre autre. (LIRE).

TARTUFFE en HABIT d'ESCLAVAGISTE !

La civilisation semble être restée aux portes de l'Afrique, l'état de barbarie où cycliquement sombrent des régions entières de ce continent est un témoignage sans appel, sans autres appels que ceux à l'aide humanitaire.

Le colonialisme aurait il introduit le ver de la barbarie en terre d'Afrique ? sans doute pas en mettant un terme aux traites d'esclaves des arabo-musulmans, des traites génocidaires dont on voit les derniers feux au Soudan, dans le Darfour contemporain

Ailleurs, là ou n'existait "que" les chaînes de l'esclavagisme,  le cas d'Haiti est exemplaire; il ne suffit pas de belles révolutions pour changer le monde, les appréhensions des -de nos- révolutionnaires de 1789 se trouvent justifiées, sur d'autres continents aussi la preuve en était faite, l'émancipation est souvent le fruit d'un long apprentissage. Et ainsi de l'école républicaine, et contemporaine, de la facilité témoignent nos prisons surpeuplées.

Pour autant, le commerce des esclaves entre nos continents n'a point cessé, en europe, encore, des réseaux existent fournissant leurs lots de "sans papier", l'euphémisation est délicate, de prostituées, de travailleurs clandestins. 

Alors, comme apparaissent vaines et ridicules les volontés de reécrire l'histoire et de cacher celle qui se perpétue aujourd'hui, de cacher la honte des temps présents.

Mais certes il y aura des politiciens, des arrivistes parmi les noirs, pour vouloir se faire une "petite vertu" de cette "histoire" nourrie d'oublis, de pétrole ou de complaisances islamistes, tartuffes en habits d'esclavagistes qui détournent leurs regard de la scène du crime.

Ils sont de notre histoire, à vomir, mais de notre histoire quand même.

VOIR : Afrique, statistiques des guerres depuis 1960. 

"Parce que les misères, la pauvreté, la longue stagnation démographique et les retards de développement actuels du continent noir, ne sont pas le seul fait des conséquences du commerce triangulaire, comme bien des personnes se l'imaginent. La ponction transatlantique nous est bien connue et est largement débattue depuis des décennies. Les études et synthèses sur cette traite sont légion. Pourtant, bien qu'il n'existe pas de degrés dans l'horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir que le commerce négrier et les expéditions guerrières provoquées par les Arabo-musulmans furent pour l'Afrique noire et tout au long des siècles, bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. De même que l'islamisation de nombreux peuples négro-africains et tout ce que cela a engendré, comme le djihad, n'en fut pas moins à la source d'innombrables implosions. Mais à ce jour, seul le génocide des peuples noirs par les nations arabo-musulmanes, n'a toujours pas fait l'objet de reconnaissance nette de la part des chercheurs des peuples responsables. Alors que ce crime est historiquement, juridiquement et moralement imprescriptible.


Tidiane N'Diaye, entretien chez les Manants du Roi, extrait.  

Le génocide voilé : une enquête historique de Tidiane N’Diaye

Anthropologue, spécialiste des civilisations négro-africaines, le Sénégalais N'Diaye publie une étude sur la traite négrière arabo-musulmane, qui dure depuis 13 siècles et aurait touché des millions d'Africains. Cette traite aurait commencé en 652, lorsque le général Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais du Darfour la livraison annuelle de centaines d'esclaves nubiens. Elle s'est poursuivie à travers le Sahara et l'Océan Indien, avec la complicité de potentats africains et arabes. En 1883-84, el Mahdi s'est distingué dans la chasse à l'homme.

Considérés comme des sous-hommes, proches du stade animal, par des historiens comme Ibn Khaldun, les Africains captifs ont contribué à l'économie des pays d'accueil, dans la culture du sucre, des palmiers, l'exploitation minière, et complété les effectifs des troupes ottomanes. Les Zendjs déportés en Mésopotamie se sont révoltés dans les années 690 et 870, ainsi que les tribus Nyassa en 1868. Le roi du Bornou (Nigeria) se plaint des enlèvements ordonnés par le sultan d'Egypte en 1391. Les Mourinides se sont prononcés contre l'esclavage et des femmes du Sénégal se sont sacrifiées en 1819. A l'inverse de la traite atlantique, qui a duré trois siècles et a généré en Amérique une diaspora de plus de 70 millions d'hommes, la traite orientale est génocidaire parce qu'elle n'a pas eu de descendance, la plupart des hommes ayant été castrés (un eunuque valait deux fois plus cher) et les enfants des concubines noires éliminés. 20 % seulement des enfants survivaient à la castration, pratiquée en Ethiopie ou en Tanzanie, souvent de façon totale.

Tout en condamnant l'exploitation coloniale, les tueries de Madagascar et du Cameroun et la connivence de certains coloniaux britanniques et français, l'auteur reconnaît que la colonisation a mis fin à la traite orientale, en 1846 en Tunisie et Algérie, en 1894 au Congo, en 1920 au Maroc. Le colonel Archinard recueillait les captifs dans les Villages de la Liberté. La Turquie a aboli l'esclavage en 1918, l'Arabie en 1962, la Mauritanie en 1980. Il reste cependant un servage domestique en Mauritanie, des travailleurs forcés dans les Emirats, tandis que le Soudan poursuit l'élimination ethnique au Darfour.

S'appuyant sur les observations des géographes arabes, des marchands d'esclaves et des explorateurs (Livingstone, Stanley, etc...), Tidiane N'Diaye déplore la dissimulation des archives et l'amnésie pratiquée par solidarité religieuse à la conférence de Durban, où seule la traite occidentale appelait repentance. Selon Bernard Lewis, faire référence à l'autre traite est interprété comme un signe d'intention hostile.

MAURICE FAIVRE

Le génocide voilé, enquête historique par Tidiane N'Diaye - Editions Gallimard, 253 pages.

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Publié dans MONDE

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