Vive les états unis de la lutte des classes !

Publié le par DAN

La lutte des classes, plus exactement l'offensive lancée par le néo-libéralisme contre les classes moyennes ainsi que je l'écrivais précédement, aura donner quelques espoirs quand à la renaissance du mouvement syndical et de la gauche américaines. L'importance de ce conflit tient d'abord à ce que les conditions économiques et sociales rapprochent nos pays davantage que le Maghreb, et sans doute est ce là aussi la raison du mutisme des grands médias.

Mais la lutte des classes c'est aussi un grand moment de vérité et si l'occupation du Capitole a pu voir ici aussi acclamé des appels à la grêve générale et à la constitution de comités d'action c'est aussi parce que, comme le souligne Lutte ouvrière, le Parti Démocrate et la bureaucratie syndicale poursuivaient des objectifs parfois différents - ou en tout cas plus "modestes", que les manifestants de la Place du Capitole.

Ce sont là aussi des leçons assez comparables que nous pourrions tirer du conflit des retraites à la veille des échéances électorales qui mobilisent l'oligarchie "de droite comme de gauche", car la solution à nos problèmes n'est sans doute dans aucun des choix qui nous sont proposés. 

".. La suppression de 1,25 milliards de dollars de subventions accordées aux écoles et au gouvernement local, dont une réduction de plus de 900 millions de dollars sur le financement de l’éducation dans tout l’Etat, ce qui revient à la suppression d’environ 500 dollars par élève.

Des coupes de 500 millions de dollars dans Medicaid qui finance les programmes de couverture médicale pour plus d’un million d’habitants du Wisconsin. L’impact sur les revenus faibles, les adultes et les familles avec enfants qui n’ont pas d’assurance médicale sera dévastateur.

250 millions de dollars seront éliminés du financement des universités du Wisconsin. De plus, comme partie intégrante du programme de privatisation qui servira les intérêts de riches investisseurs, la division de Madison de l’université du Wisconsin sera retirée du système public. Ceci résultera dans la suppression d’au moins 17.000 postes pour les travailleurs de l’université du Wisconsin, entraînant aussi une forte augmentation des frais d’inscription sur les deux prochaines années."

 

WSWS. (extrait)

" .. Mais ce samedi 12 mars 2011, la bataille législative provisoirement perdue, ils sont pourtant encore plus nombreux sur la place. Le projet de loi budgétaire accablait les fonctionnaires tout en cherchant à les diviser, car il épargnait les forces de l’ordre et les pompiers, jugés trop populaires, et bien sûr utiles en cas de contestation trop vigoureuse. Mauvais calcul : « Les flics avec les syndicats et les travailleurs », comme le clament leurs pancartes, ont bien compris la manœuvre et se sont joints aux manifestants. La veille, au son des cornemuses, les pompiers se sont regroupés au coin de la place du Capitole, devant le siège de la banque M&I (Marshall & Ilsley), qui a grassement financé la campagne du candidat Walker. Puis ils sont entrés, et ont tranquillement retiré l’argent de leurs comptes. D’autres les ont imités : 192 000 dollars ont quitté les coffres ; les bureaux ont été fermés précipitamment. Cette banque gère leurs fonds de pensions et leurs économies, mais elle a, dit-on, un couloir souterrain qui la relie directement au bureau du gouverneur, au Capitole. Samedi, donc, le combat n’est pas fini. La loi a peut-être été signée, mais, plus nombreux que jamais, ils sont tous là : élèves, étudiants, enseignants, infirmières, pompiers, agents de police, employés municipaux et même des agriculteurs venus en renfort sur leurs tracteurs – certains flambant neufs, certains magnifiques pièces de collection – qui font le tour de la grande place.

[...]

Ils avaient déjà reçu la visite solidaire de Michael Moore, pour qui ce soulèvement des forces vives du travail est un moment exaltant. Dans son discours, « America Is Not Broke ! » (« Non, l’Amérique n’est pas fauchée ! »), il qualifie la situation de « lutte des classes », et déclenche une liesse d’autant plus grande que les médias « de référence » ont une fâcheuse tendance à taire ce qui se passe. Aujourd’hui, le 13 mars, ce sont les médias alternatifs qui ont organisé les choses. À la tribune, Matthew Rothschild, rédacteur en chef du magazine The Progressive, fondé en 1909 à Madison : l’héritage des luttes sociales est très fort ici, une longue et fière histoire d’opposition aux pouvoirs, surtout à celui des grandes compagnies, de l’argent insolent. Ils sont légion, ceux qui ont participé à ces quatre semaines de lutte parce que leurs parents et leurs grands-parents se sont battus pour ces mêmes droits dont on veut les dépouiller plus encore que de leur argent. Une jeune fille porte une photo de son grand-père syndicaliste au revers de sa veste : « Il aurait voulu voir ça ! Sa place est ici… » (...) Marianne2 H. Lemarre 17/03/11

".. Face à cette attaque en règle, dirigeants syndicaux et appareil du Parti Démocrate ont appelé à manifester et des dizaines de milliers de personnes ont répondu à l'appel : le Parlement du Wisconsin a été occupé jour et nuit pendant deux semaines et des manifestations de dizaines de milliers d'employés, d'enseignants, d'étudiants, se sont déroulées chaque week-end dans la capitale, Madison. Samedi 12 mars, alors que la loi venait d'être adoptée, les manifestants étaient encore plus nombreux, rejoints par quelques dizaines de fermiers sur leurs tracteurs, inquiets de toutes des coupes dans les budgets sociaux. Ce sont près de 100 000 personnes qui ont fait entendre leur colère.
Mais les chefs syndicaux et les responsables démocrates ont voulu placer dès le début la protestation sur le terrain exclusif de la défense des droits syndicaux, en déclarant qu'ils étaient prêts à accepter tous les sacrifices imposés aux salariés du public, à condition que le gouverneur retire les clauses antisyndicales de son projet de loi. Et s'ils ont appelé à des manifestations similaires dans d'autres États où des législations semblables ont été adoptées, ou encore à des manifestations de solidarité dans des dizaines d'autres États, jamais ils n'ont appelé les travailleurs à se défendre contre les sacrifices que les gouvernants et les patrons leur font subir. En somme, il fallait que les syndiqués défendent le droit des syndicats à approuver les sacrifices et les attaques contre les travailleurs. Dans ces conditions, les dirigeants syndicaux ne mettaient pas tous les atouts de leur côté pour sortir victorieux du conflit. .."

Lutte Ouvrière (extrait)

Wisconsin (USA) - Une bataille dans la guerre contre les classes moyennes.  

Publié dans MONDE

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