Un Premier Mai de transition ? de la farce anti-raciste aux impasses du pétainisme.

Publié le par DAN

Franchir la loire.

Nous assistons indubitablement à un Premier Mai de transitionet nous devons remercier la rédaction du "Progrès" de la Loire de nous offrir en deux tableaux un morceau d'anthologie.

  

Acte I- La CGT (UD de la Loire) organise le 1° Mai autour de la menace fantôme d'une intrusion du Front National, d'une montée du racisme ou de la xénophobie dont à ce jour on aurait du mal à déceler les signes dans l'actualité. Ce qui nous conduit à nous interroger sur le sens d'un choix éminemment politique fait au détriment des revendications sociales toujours plus nombreuses, aux agressions, bien réelles, du patronat. 

En cette période électorale les choix de la CGT de la Loire sembleraient corroborer(a) les stratégies électorales de la "gauche libérale", du Parti socialiste, de mettre en avant le danger que constituerait le parti de Marine Le Pen pour étouffer tout débat politique, de choix de société, de défense de revendications sociales.

Mais nous sommes encore dans l'aveu de la vacuité d'une telle stratégie. Sauf que cette stratégie pourrait bien avoir sur les classes populaires l'effet inverse du but recherché, démobiliser davantage l'électorat populaire ou renforcer le vote protestataire.   

 

Acte II - Le FN célèbre "la valeur travail" (comme qui vous savez) dénonçant les extrémismes, pour promouvoir un modèle d'organisation sociale totalitaire, le corporatisme, déjà mis à l'essai durant l'occupation allemande (la précédente(b)..) par Pétain, "la Révolution Nationale", avec le peu de succès que l'on sait au plan économique et social puisque ce plan fut abandonné par ses créateurs.

Car à suivre les conflits suscités par les délocalisations, notamment, l'on peut difficilement prétendre, sauf à être sourd ou aveugle, que les syndicalistes sont indifférent au sort de leurs entreprises ou de l'intérêt de l'économie nationale contrairement au "patronat", souvent réduit aux seuls intérêts des agioteurs, du Medef ou de la "génération Fouquet's".

Les conflits sur la répartition des gains du travail dans l'entreprise sont parfaitement légitimes, qu'il s'agisse des salaires ou des retraites, de la pénibilité ou du chômage, c'est à dire qu'il soit question du calcul de cette répartition par entreprise ou au niveau de la société française, celui des solidarités naturelles

Il conviendrait de revenir encore sur la répression dont sont victimes les syndicalistes dans les PME PMI et ailleurs(c) pour mettre en avant le besoin d'un renforcement des droits syndicaux, des droits des Comités d'établissement dès 5 salariés, comme préalable à un dialogue constructif avec le patronat, etc..

 

Je n'épiloguerais pas longtemps, seulement pour relever que les syndicats sont ici davantage victimes de "l'apolitisme" de leurs Confédérations, ou plutôt de leur mise à la remorque de la "gauche libérale" que d'un excès d'indépendance, de choix et d'affirmation des intérêts des classes populaires. C'est à suivre ..  

(a) Le conditionnel s'impose, car à voir le tract de l'UD CGT du Rhône le discours est sensiblement différent et j'y reviendrais.

(b) Permettez moi de souligner la fascination exercée par l'Allemagne sur ces curieux patriotes, qui, en toute logique, remettent en cause, comme le Medef et Sarkozy, le programme de cohésion sociale issu de la Résistance. Une réalité autrement dommageable que le salut fasciste de quelques syphilitiques.

(c) Lire à ce propos, Corouge et Pialoux, "Résister à la chaîne", qui rend compte de l'expérience d'un syndicaliste chez Peugeot au "temps heureux", pour l'extreme droite, de la "CFT", entre autre. AGONE editeur 2011.  

 

Loire.

Syndicats : la chasse au Front national est lancée dans les sections départementales. 

 

"ACTE I"

 

Pour les manifestations du 1 er mai, la CGT a choisi son thème. Ce sera « contre le racisme et la xénophobie ». Cette décision s’inscrit en réponse à la montée des idées du Front national au sein même des strates de l’organisation syndicales. À la CGT mais pas seulement.

La menace est donc bien réelle.« Il ne faut pas se voiler la face. La CGT est un échantillon de la société et elle est donc traversée également par le discours xénophobe, explique Pascale Darnet, secrétaire départementale CGT. Le phénomène est mis en avant par un gouvernement qui se place sur le terrain du FN (identité nationale) ».

La secrétaire s’interroge sur les valeurs que la CGT véhicule par rapport à celles du parti frontiste : « Elles sont antinomiques. Pour nous, un salarié compte pour un. Nous ne faisons pas de différence et la préférence nationale n’est pas compatible avec le syndicalisme ».

Comment lutter alors contre la diffusion de ces idées ? « Il a été clairement exprimé à nos adhérents que les propos racistes et xénophobes sont interdits publiquement et en interne. On n’accepte pas la banalisation des propos racistes, ne serait-ce qu’à travers une blague, poursuit Pascale Darnet. Face à tout manquement à cette règle, les adhérents s’exposeront à des sanctions. Car, au-delà, c’est face à une menace d’instrumentalisation que le syndicat s’organise.

« Nous sommes très attentifs aux tentatives d’infiltration du FN, commente Pascale Darnet. Nous avons fait passer le message à nos adhérents qui sont des cibles potentielles ». La secrétaire CGT ajoute qu’elle n’a pas noté, pour l’heure, de dérive dans la Loire. Tout du moins ouvertement.

LeProgrès.fr

26 Avril 2011

 

 

Loire : La dérive (FN) est bien réelle, même si l'on a rien constaté !

"ACTE II"

 

« Dans les entreprises, les salariés n’accordent plus de crédit aux syndicats qui défendent des prés carrés avec dogmatisme. La valeur travail n’existe pas pour eux, car ils ne tiennent pas compte de l’évolution de la société. Ils vivent dans une bulle et ne représentent plus rien dans les PME-PMI. Nous, on ne défend pas les avantages acquis des fonctionnaires mais le travail et l’entreprise, sans discours politisés. Nous sommes les seuls à défendre la valeur travail, la production française pour les Français, face à une mondialisation abominable, remise en cause aujourd’hui. Les salariés le savent, il n’y a que le FN pour sauver leur boulot ».

"Il faut changer de discours dans ce pays. Quand nous arriverons au pouvoir, l’idée est de créer des forces corporatistes, des unions de personnes par branches professionnelles qui défendront leur métier, comme cela se fait en Allemagne. Il s’agit de s’organiser au sein de chaque filière, privée ou publique, sans position politique."

FN : Retour sur la Révolution Nationale(Pétain) 

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