Sarkozy, le président des riches - épopée ou oraison funebre ?

Publié le par DAN

Le prix de la la phrase politique la plus drôle de l'année revient à Eva Joly pour "Je connais bien Dominique Strauss-Kahn; je l’ai mis en examen".
et si Sarkozy n'est pas reelu ?

Croyez bien que si ce livre me semble utile, ce n'est pas qu'il fasse l'oraison funebre du sarkozysme, c'est que le système mis en place pourrait bien survivre à l'alternance socialiste - ainsi de voir DSK au coin du bois, Valls se manifester chez Ségolène, Collomb s'inquieter d'un gouvernement de gauche ne doit pas nous tromper sur les intentions de l'appareil socialiste ou de tout autre.

Ainsi lorsque la CGT manifeste ce n'est pas pour exiger la retraite à 60 ans à taux plein, mais "une réforme juste" - ce qui je l'avoue peut être interpreté de deux manières au moins, je retiendrais pour ma part une lecture plus à même de satisfaire les salariés; les lois actuelles ou les projets de réforme sont identiquement injustes. Mais je m'éloigne de mon sujet.

Parmi les remarques des Pinçon Charlot les plus à même d'éclairer mon propos et plus encore notre époque celle-ci qui pour ainsi dire, page 29, introduit l'ouvrage; ".. Les dominants menent la guerre à leur guise, et à leur profit. L'Etat-providence de la seconde moitié du XX° siècle n'a pu exister que parce qu'il y avait le contrepoids des pays socialistes et la necessité pour le patronat industriel de faire appel à une main d'oeuvre locale compétente, au pouvoir d'achat sécurisé par la collectivité, pour qu'à la production de masse corresponde une consommation de masse. Aujour'hui, les frontières sont tombées, le capitalisme est roi sur presque toute la planete." 

Et nous voilà victimes de la chute du Mur de Berlin - au même titre que les populations de l'Est qui peu ou prou beneficiaient de "protections" semblables, ainsi les Rroms. Aussi dire que nos Confédérations déjà fort mal préparées à un retour de la lutte des classes initié par le Kapital - lutte des classes qu'elles avaient écarté de leurs statuts pour certaines, se trouvent fort affaiblies pour organiser plus qu'une riposte, un combat.  

Pincon-Charlot-Le-presidentdesriches.jpg

Et si Nicolas Sarkozy n'était pas réélu en 2012 ?
M.P.-C. :
La force de l'oligarchie au pouvoir, ce sont ses réseaux, et les remplaçants potentiels sont nombreux, à droite mais aussi à gauche. La classe dominante n'est pas homogène, elle compte des catholiques, des protestants, des juifs. Et des sensibilités politiques diverses, de la gauche socialiste à l'UMP, en passant par le centre. Récemment, à l'occasion d'un dîner dans le 7e arrondissement, nous avons rencontré un grand banquier d'affaires, dont nous devons évidemment taire le nom. Entre la poire et le fromage, nous lui avons demandé quel était son ministre des Finances préféré. Il n'a pas hésité une seconde. « Pierre Bérégovoy », nous a-t-il répondu. J'ai failli m'étrangler. Pourquoi ? « Eh bien, a-t-il dit, parce que c'est lui qui a dérégulé les marchés ! » Et permis ainsi à la finance d'asseoir son pouvoir sur l'économie et de transformer la bourse en casino. Dominique Strauss-Kahn, qui est né à Neuilly, appartient aux mêmes réseaux, ceux-ci ne cessent de s'entrecroiser. Avant de prendre la tête de France Télécom, Stéphane Richard fut directeur de cabinet de Christine Lagarde. Et avant cela encore, en 1991, conseiller de DSK quand celui-ci était ministre de l'Economie et des Finances…

 

[TELERAMA - entretien - 16/09/10]

 

"Petits chèques entre amis, diners mondains, légions d'honneur et comptes en Suisse .. L'affaire Bettencourt a jete une lumière crue sur les connivences souterraines qui unissent pouvoir politique et puissances de l'argent. Dans ce livre-enquete, les sociologues Michel Pincon et Monique Pincon-Charlot, spécialistes de la bourgeoisie francaise, donnent à voir, au delà des scandales, la logique d'un système.

Pour faire vivre un monde ou l'entre-soi permet l'affirmation des réseaux, ils rapportent des histoires revelatrices, glanées dans les coulisses du regne de Nicolas 1°. En brossant la chronique des premières mesures prises, ils dévoilent les ressorts d'une politique systématique en faveur des nantis : bouclierfiscal, abattements et exonerations en tout genre, depenalisation du droit des affaires ne sont que les elements visibles d'une guerre des classes au service de l'aristocratie de l'argent.

Au discours du Sarkozy qui pretendait vouloir refonder le capitalisme s'oppose la realité des actes : paradis fiscaux, fonds speculatifs, bonus des traders, stock options et cadeaux aux banques se portent bien et ont permis au capital financier de retrouver de sa superbe.

Derriere la facade d'un pouvoir démocratique se dessine ainsi le tableau inquietant d'un tout autre regime : une oligarchie, un gouvernement des riches pour les riches"

L'Editeur

 

 

Publié dans OLIGARCHIE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article