Police et Justice participent elles à l'insécurité ? Réflexions autour de faits divers.

Publié le par DAN

 
Légitime défense citoyenne.
 

Le cadre général est celui d'un retrait de l'Etat dans ses fonctions régaliennes. On se souvient de la grève des agents de sécurité des aéroports, fonction abandonnée à des société privées, il n'en est pas autrement avec le développement des Polices municipales, etc .. Mais encore, alors que l'Ecole abandonne son rôle d'éducateur du citoyen doit on que s'inquiéter de la formation initiale de nos policiers, magistrats et .. de nos hommes politiques. C'est bien à l'absence de sens civique que nous pouvons attribuer quelques faits divers relevés dans la presse lyonnaise.

Je ne reviendrais donc pas sur la décision des "sages", nommés au Conseil Constitutionnelpar Nicolas Sarkozy et que lui même pourrait rejoindre, décision d'abbroger une loi sur le harcèlement sexuel à la demande de l'ancien collègue de quelques uns d'entre ces "sages". Admettons que ce soit là l'héritage d'un quinquennat marqué par la délinquance, de la mise en cause d'Eric Woerth au retour d'Alain Juppé et à quelques affaires à l'instruction (Bettencourt, Karachi, Kadhafi, ..). Un exemple détestable offert à la société. 

Je ne reviendrais pas non plus sur l'inculpation de quelques commissairesà Lyon et à Lille dans des affaires de corruption ou complicité dans des actions criminelles, drogue, prostitution, .. Le fait qu'à certaines étapes de leurs carrières ils aient pu travailler ensemble devrait ouvrir à la réflexion. Pas seulement à la réflexion des citoyens "ordinaires" mais encore à la réflexion des policiers, des magistrats et des fonctionnaires de la pénitentiaire oeuvrant à des métiers difficiles voir dangereux.

Je retiendrais ici deux ou trois affaires plus récentes, l'inculpation pour viol de deux policiers lyonnais, la condamnation pour rébellion d'un père de famille interpellé par erreur - un contrôle au faciès -  et devant son enfant, la longue détention d'un jeune lycéen condamné en 2008 à huit mois pour participation à des incidents violents lors d'une manifestation lycéenne et toujours détenu.

Que dois-je constater sinon que les victimes de ces injustices appartiennent à des catégories fragiles de la population, des jeunes, une femme, un africain, public ciblé qui rend ces affaires particulièrement inacceptables. Il est donc souhaitable que tout autant que les agents concernés les citoyens se montrent exigeant sur la qualité de leur police et de leur justice et que c'est là le meilleur hommage à rendre à ceux de ces fonctionnaires morts en service.

Créer un lien de confiance avec la Justice et la Police c'est bien évidement d'abord les mettre au service de l'application de lois moins injustes car à l'évidence les procédures administratives qui sous entendent l'abus des uns ou des autres ne sont qu'illusions et sources de conflits - à quoi bon un "reçu" si la loi justifie le "contrôle au faciès".

Mais encore voilà l'état de la République livrée aux forts en gueule de la politique, l'oligarchie, dont les premières mesures ne visent qu'à les exonérer des conséquences de leur politique, davantage de misères et davantage de répression.

 

"Il y a bien eu « rébellion » ce 26 mars en gare de la Part-Dieu. Ainsi a jugé le tribunal. Le père de famille qui avait été arrêté à sa descente du train à la gare de la Part-Dieu avec sa petite fille, a été condamné hier à cent jours amende à 8 euros et à verser 1 200 euros de dommages et intérêts aux deux fonctionnaires de police.
Une journée marquée au fer rouge pour ce voyageur d’origine gabonaise ( Le Progrès du 16 mai). En le voyant accompagné d’une petite fille métisse, les contrôleurs du train de Roanne avaient émis des doutes sur leur lien de famille. A sa descente du train à Lyon, le père avait été ceinturé par la police et était accusé de s’être rebellé. Son avocat, M e Brill avait plaidé la relaxe arguant d’un délit de faciès : « Mon client a été arrêté parce qu’il était noir et qu’il ne pouvait être, pour des contrôleurs, le père de cette fillette ». .." "Quai de la honte" Le Progrès (extrait)

 

"Samir a été arrêté il y a trois ans et demi, en décembre 2008, au cours d’une manifestation lycéenne. Seul manifestant à être placé en détention pour avoir, avec d’autres, retourné une voiture sur la chaussée, il prend 8 mois en comparution immédiate. Depuis, à chaque fois qu’il approche de la fin de sa peine, par hasard évidemment, il est à nouveau condamné pour des embrouilles avec les surveillants. Sa peine a ainsi été rallongée de 12 mois dans un premier temps, puis de 14, et encore de 12 en janvier 2012 !
Au bout 40 mois, Samir est aujourd’hui incarcéré à Bourg-en-Bresse et ne devrait sortir, au mieux, qu’en janvier 2013 ! .." Rebellyon (extrait)

   

SUR

LA

TOILE

@ "Quai de la honte, le voyageur condamné" Le Progrès 5 Juin 2012

@ "Lyon, deux policiers écroués pour viol sur une étudiante" AuFéminin.com

@ "Soutien à Samir, en taule depuis 40 mois suite à une manif lycéenne" Rebellyon

@ "Après le meurtre d'un policier à Chambéry" Le Point 6 Juin 2012 

   

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