Mort de Michel Germaneau - des interrogations surgissent (sarkozysme)

Publié le par DAN

DUBAI — Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droudkal, a affirmé avoir négocié avec Paris pour la libération de l'otage français Michel Germaneau avant l'opération qui a conduit à son exécution, selon un message complet diffusé dimanche par des sites islamistes.

"Honte à la France et à son président, qui a lancé son raid alors que des négociations étaient en cours", a affirmé le chef d'Aqmi dans ce message audio dont des extraits avaient déjà été diffusés le 25 juillet par la chaîne Al-Jazira pour annoncer l'exécution de l'humanitaire.

Les autorités françaises n'ont jamais fait état de négociations pour la libération de l'otage. Ainsi, le 26 juillet, le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait indiqué que Paris n'avait pas pu avoir "la moindre discussion" avec les ravisseurs de Michel Germaneau.

"On annonçait la mort de Michel Germaneau à travers un ultimatum (lancé le 11 juillet, ndlr) sans qu'il y ait la moindre discussion", avait déclaré M. Morin.

"Nous n'avons jamais eu de revendications précises. Ils ont même refusé toute discussion pour permettre l'acheminement de médicaments dont Michel Germaneau avait besoin pour ses problèmes cardiaques", avait ajouté le ministre. .." AFP 1 Aout 2010

Tout d'abord à l'annonce du décès de l'humanitaire une relative surprise sur le cours brusquement acceleré des évènements et de découvrir alors que l'échec d'une opération militaire le 22 Juillet avait pu précipiter les évènements si même M. Germaneau n'était pas décédé lors de l'opération (voir ci-dessous).

Si les informations et analyses de la presse africaine se confirmaient il conviendrait de rechercher en quoi cette volonté d'en découdre avec AlQaida pouvait influencer la politique française au regard des dossiers en cours, retraite ou affaire Woerth-Bettencourt - et s'il était légitime pour le pouvoir républicain d'instrumentaliser ainsi des situations aussi dramatiques.

Car alors Monsieur Germaneau aurait été victime d'un crime d'Etat, et cette affaire comme celle d'une réglementation raciale concernant les Gens du Voyage ou les Roms assimilés à des populations délinquantes marquerait un pas décisif dans la faillite politique et morale du sarkozysme.

 

- Olivier Thomas, le maire de Marcoussis, où vivait Michel Germaneau, sur France-Inter:

"Je ne suis pas contre les interventions militaires mais je me demande comment elle a été préparée. On connaît le savoir-faire des militaires français, donc en général ils préparent bien leurs affaires et ils savent quand ils interviennent où se trouve la cible qu'ils recherchent. Et là, force est de constater que ce n'est pas ce qui s'est produit, donc je me demande qui a pris la décision qu'il y ait cette intervention alors qu'on n'avait pas 99,9% de réussite. C'est ce qui me pose question. Si c'est ce qui a précipité la mort de Michel Germaneau, je trouve ça dramatique".

Une intervention militaire était-elle la meilleure solution?

".. On ne le saura vraiment jamais. Cependant, la mort de Michel Germaneau a conforté les autorités espagnoles dans leur approche non-militaire pour parvenir à la libération des deux coopérants espagnols retenus par Aqmi. En excluant toute opération armée, Alicia Gamez, qui était retenue avec Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans, avait été libérée en mars. Cependant, les deux espagnols sont détenus par le groupe de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Belawar, dont les motivations sont essentiellement financières.

 

20Minutes. B.Dubuc

"22 Septembre, un quotidien de Bamako, interprète l'affaire différement. Pour ce journal, Michel Germaneau "a été tué le 22 juillet dans l'opération militaire conduite par Paris, soutenu par l'armée mauritanienne qui lui servait surtout de guide et d'interprète". Des moyens militaires importants avaient été mobilisés pour cette opération, mais ils n'avaient pas permis la localisation de l'otage. "L'impression qui se dégage, c'est qu'il fallait en découdre avec l'AQMI, même si Germaneau devait y perdre la vie", ajoute 22 Septembre. Le quotidien insinue que Paris était peut-être convaincu de son décès, avant même le lancement de l'opération, en raison de la santé précaire de l'otage – qui, cardiaque, n'avait plus de médicaments.

Pour L'Indépendant de Bamako, le raid français s'est terminé en désastre. Non seulement l'otage n'a pu être libéré, mais au moins six terroristes auraient été tués et plusieurs autres faits prisonniers, or "le pire était à craindre de la part de l'AQMI en termes de représailles". Selon ce journal, l'échec du raid a provoqué l'incompréhension de Madrid vis-à-vis de la France, qui ne l'avait pas consulté. Or deux otages espagnols sont encore aux mains de l'AQMI et leur sort "ne tient plus qu'à un fil", ajoute L'Indépendant.

La maladresse de l'opération représente également "une humiliation pour le Mali, dont le gouvernement n'a probablement pas été informé et dont les troupes n'ont pas participé à l'opération", déplore le quotidien malien Le Républicain qui y voit un signe d'isolement ou de manque de confiance. "Peut-être parce que la Mauritanie serait plus déterminée que le Mali à lutter contre Al-Qaida" ? interpelle-t-il."

Courrier International 

Publié dans SOCIETE

Commenter cet article