MOODY'S - Un nouveau Premier Ministre pour la France de Sarkozy

Publié le par DAN

GENERATION FOUQUET'S

Le Résident de l'Elysée n'a même plus besoin d'un déjeuner au Fouquet's pour prendre ses ordres, un communiqué lui suffit. C'est ainsi que le représentant de la Finance internationale, l'agence Moody's, communique ses ordres aux gouvernements, parfois aussi par l'intermédiaire du FMI (Papandreou) ou de la Banque centrale européenne (Berlusconi).

Avec l'Union Européenne et l'OTAN, l'idée d'indépendance nationale ou seulement d'un Parlement légiférant étaient devenues des plaisanteries d'un autre temps - et d'ailleurs on ne cessait de nous mettre en garde contre la démocratie ("populisme"), source de tous les totalitarismes !

Avec la "crise"- mais la "crise" pour qui ? au juste, à voir déjà les rémunérations de nos banquiers .. Il n'y a même plus besoin de Van Rompuy et autres Barroso, la communication est raccourcie, c'est Wall-Street en direct ! Cela fini par émouvoir les patrioteset je vous livre ici la réaction, assez vive, du député communiste du Rhône André Gérin. 

 

Un spectre hante les salons du pouvoir

sarkozyen : celui des agences de notation.

L’une d’entre elles, Moody’s, vient d’évoquer la perspective d’une dégradation possible de la France dotée, à ce jour, des fameux AAA.

La raison de cette menace tiendrait à ce que notre pays ne se serait pas encore donné un plan d’austérité au niveau nécessaire. Il y aurait donc encore trop d’argent public pour l’éducation, la santé, la recherche, trop de services publics et pas assez d’espace pour la voracité des marchés financiers.

Pourtant Sarkozy et le gouvernement se démènent pour serrer d’un cran supplémentaire la ceinture des français et épargner les plus riches. Mais ce n’est jamais assez pour les agences et leurs commanditaires, qui sont en train de mettre la Grèce à genoux et d’autres pays à sa suite.

François Baroin promet, pour sa part, que si Nicolas Sarkozy était battu en 2012, les agences de notation dégraderaient la note de la France immédiatement, la vouant au sort d’Athènes ou de Madrid. C’est reconnaître que le Président de la République est bien un fidèle serviteur des marchés financiers, lui qui, immédiatement après les menaces de Moody’s, envisage un plan d’austérité supplémentaire.

Mais nous marchons sur la tête, car les injonctions de ces officines privées, le fait que les gouvernements en tremblent, montrent que les États ont capitulé face à la finance, que c’est elle qui à présent dirige et qu’en Europe, l’euro et les traités consacrent leur hégémonie.

L’enjeu de la période dans laquelle nous entrons réside précisément dans la capacité des nations, des peuples et de leurs représentants à reprendre la main. C’est ce qu’exigent les manifestants d’Athènes, de Madrid, de Lisbonne le nombre croissant des « indignés » à travers le monde.

Bien sûr, il faut combattre les dettes et les déficits mais en voyant bien que c’est en mettant les pays et leurs peuples à la diète qu’on les creuse, et les sommets, tels celui qui se tiendra dimanche encore, peuvent se multiplier. Ils ne règleront rien dans cette logique là.

Il n’est d’issue que dans une dynamique de création de richesses nouvelles et de croissance. A ces conditions seulement, il est possible de retrouver les équilibres nécessaires, car plus nous nous enfonçons dans l’austérité, moins nous dégageons de recettes, plus nous accroissons la demande sociale, plus nous creusons des trous toujours plus béants.

Il convient d’urgence de prendre le contre-pied de cette politique qui tuera le malade. Cela implique de rendre l’argent utile, d’en acquérir à nouveau la maîtrise et de clouer au pilori les capitalistes financiers, les spéculateurs et leurs agences de notation.

André GERIN le 20 Octobre 2011

Publié dans POLITIQUE

Commenter cet article