LIBYE - Quand le prince el-Senoussi manifestait à Paris contre la venue de Khadafi.

Publié le par DAN

Mohamed el Senoussi

 

 "À quelques centaines de mètres de la tente de Mouammar Kadhafi, dans un hôtel de luxe des Champs-Élysées, Mohammed el-Senoussi ronge son frein. L’héritier du trône de Libye, 45 ans, barbe courte et costume sombre, s’indigne de la réception du Guide libyen. «Je salue les hommes politiques français de tous bords qui ont protesté contre cette invitation», dit-il doucement. Mohammed el-Senoussi, qui vit à Londres, a fait le déplacement avec une petite délégation pour tenter de faire entendre sa voix. «Mais je ne connais personne chez vous», regrette-t-il. Il a failli aller manifester lui-même, mardi, place Saint-Augustin, avec un petit groupe de sympathisants. «Mais ils m’ont prévenu que la manifestation était interdite et que la police les arrêtait. J’ai préféré m’abstenir.» Il serait bien allé conspuer Kadhafi avec Ségolène Royal, mais il n’a pas été prévenu.

Ce roi sans soleil semble un peu perdu dans cette froide capitale où il ne connaît pas grand monde. Les services de sécurité de Kadhafi, eux, ne l’ont pas raté, assure-t-il : «des Libyens en civil m’ont menacé sur les Champs-Élysées». Et à Lisbonne, poursuit-il, des sbires ont attaqué ses amis qui manifestaient, là aussi, contre le Guide libyen lors du sommet Europe-Afrique."

[...]

«Je me bats d’abord pour l’histoire, pour faire respecter le nom ma famille, répond Mohammed. Si dans l’avenir les Libyens choisissent la monarchie, je suis là. S’ils font un autre choix, je le respecterai.» Il ne se déplace jamais sans un exemplaire de la Constitution de 1952, frappée du drapeau de l’indépendance, rouge-noir-vert, avec l’étoile et le croissant.  Un texte qui installe une monarchie constitutionnelle, où le roi n’a pas beaucoup plus de pouvoir que la reine d’Angleterre.» Mohammed el-Senoussi assure disposer de réseaux en Libye, que des portraits du roi Idriss circulent là-bas sur les téléphones portables. «La monarchie est une sorte d’ombrelle, un point de ralliement pour les divers groupes d’opposition libyens», affirme-t-il. Il parle avec tous, sauf avec les islamistes armés. L’héritier de la monarchie déplore tout de même que les Frères musulmans libyens, libérés de prison, aient choisi de s’entendre avec le pouvoir. «Les despotes éclairés, cela n’existe pas.» Il se dit prêt à accueillir les «Frères», comme tous ceux qui ne prônent pas la violence. «Mais dites bien aux Français que c’est la tyrannie qui crée les djihadistes. Les jeunes Libyens qui vont combattre en Irak détestent l’Occident parce qu’il soutient leur dictateur.»

Ces idées, Mohammed el-Senoussi aimerait pouvoir les exprimer sur les chaînes de télévision arabes, «qui refusent de parler de l’opposition». Le roi crie dans le désert contre un homme «qui a supprimé la monarchie, mais qui veut maintenant que l’un de ses fils lui succède». LeFigaro 14/12/2007

Au fond le lecteur français bien peu informé - comme moi même - pourrait croire que le prince el-Senoussi manifesterait par opportunisme son soutien à la révolte Libyenne. L'article du Figaro en relatant un épisode peu médiatisé des "coulisses" de la réception de Khadafi par Nicolas Sarkozy apporte un démentis interessant, en même temps qu'il confirme le choix unilatéral de la diplomatie française - et de nos grands médias - en faveur du dictateur libyen.

Le second article, repris de La Dépêche, est une reprise d'une interview accordé à Al-Jazira ces derniers jours confirme tant la volonté de servir que de respecter la volonté du peuple Libyen dans le choix de ses institutions.    

 

" .. Longtemps privé d'accès aux médias, arabes et internationaux, Mohammed el-Senoussi a fait une apparition cette semaine en costume-cravate sur la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, pour une interview.

Pour autant, il se garde bien de proclamer son heure venue. De revendiquer un destin personnel.

"La communauté internationale doit faire pression sur Kadhafi. Elle doit lui demander d'arrêter de tuer ses propres gens. Lui demander de partir. Lui, ses enfants et son régime. Ce type doit partir", affirme-t-il d'une voie posée à l'AFP.

"J'ai des contacts partout dans le pays, à l'est, à l'ouest, partout. Ils me décrivent le désastre humain. C'est terrible. Des gens sont tués tous les jours".

Quand on l'interroge sur ses éventuels relais ou soutiens en Libye ou à l'étranger, il élude: "Je demande à la communauté internationale de faire pression, et je publie des communiqués".

A la question "êtes-vous partisan d'une intervention militaire extérieure?", il répond: "Tout ce que je dis, c'est qu'il convient de tout mettre en oeuvre pour stopper le massacre en Libye."

Il éprouve d'évidence un réel plaisir à la vue de la marée de drapeaux de l'ancien régime monarchique, noir, rouge et vert, frappés d'un croissant et d'une étoile. Interdits depuis 40 ans, ils ont resurgi dès les premières manifestations anti-Kadhafi. "Ce drapeau est celui de la liberté, de l'indépendance. Le fait qu'il devienne le symbole des jeunes insurgés me rend très, très, très heureux."

Mouammar Kadhafi avait imposé à la place le drapeau vert de sa "grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste".

Mohammed el-Senoussi se garde d'interpréter le symbole comme un signe d'aspiration au rétablissement de la monarchie. Il assure qu'une telle restauration n'est pas son but. "Non", coupe-t-il. Mais pour ajouter: "Mon but est de servir le peuple Libyen. C'est à eux de décider ce qu'ils veulent." .."

LaDepeche.fr 26/02/10

 

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Publié dans MONDE Arabe

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