Le marché du travail et l'Intersyndicale, le libéralisme par la fenêtre ?

Publié le par DAN

Rappelons d'abord quelques principes. Dans l'affaire Engelmann d'abord, car il n'est que trop évident que les rédacteurs de la Charte d'Amiens (1906) ne pouvaient imaginer d'adhésions "contre nature", Front National, UMP ou même "Parti socialiste" puisque la Charte ne visait que ceux des adhérents poursuivant par leur adhésion "politique" un même objectif de transformation sociale. Mais le qualificatif de "secte" montre bien le mépris dans lequel ils tenaient ces initiatives pour eux illusoires.

Mais bien évidement ces principes ne concernent aujourd'hui que la CGT, FO et encore Solidaires (SUD) ou la CNT qui continuent de "revendiquer" cette Charte(a). C'est sans doute à la déliquescence de ces principes- et pour des raisons historiques (guerre froide et anti-communisme) que l'on a vu des représentants syndicaux de droite (UMP, ..) ou même des "syndicats jaunes"(b) se constituer sous la houlette de FO.

Certaines Confédérations ayant d'autres origines (CFTC, CFDT) montrent une plus grande liberté et la CFTC(c) a fait souvent scandale pour accueillir, y compris à de hautes responsabilités, des adhérents du Front National ou de ses satellites.

Mais, pour en revenir à la "Charte d'Amiens", si l'on devait considérer une remise en cause des principes, ce serait de manière très générale en constatant la soumission du syndicalisme aux partis politiques; c'est à dire l'incapacité manifeste à élaborer des stratégies de transformations sociales, de lutte contre "l'exploitation capitaliste"(d) parfaitement autonomes.

L'article publié par "Le Figaro" illustre mon propos en montrant la confusion qui règne autour de la condamnation du Front National (lire).

 

Des règles et de l'hypocrisie. Prétendre lutter contre la "fermeture des frontières"est une sainte et canonique ambition en ces temps ou précisément la liturgie est libérale .. et européenne. Reste qu'il est à craindre qu'elle ne satisfasse pas les salariés.

Mais en fait, je ne sais pas combien d'ouvriers immigrés travaillent à la Poste, à la SNCF, dans l'enseignement, etc .. qui sont le socle, légitime, de nos confédérations. Mais sans doute cela influe-t-il sur les comportements(e) et les opinions.

L'immigration, y compris dé-réglementée, a été mise en oeuvre depuis de longues décennies par le patronat, et la CGT la combattait alors, d'abord pour combattre par les bas salaires la nécessité de faire évoluer l'outil de production et la technicité, ensuite pour combattre les qualifications. Le résultat est là, délocalisation et perte de compétitivité, désertification industrielleque certains "experts" du patronat (mais seulement ?) encouragent encore - et qui sont encore la racine de nos pertes de compétitivité vis à vis de l'Allemagne.  

 

Nous pouvons certes tous aspirer à un monde ou le salariat et le capitalisme seront abolis et ou l'économie se déploiera pour satisfaire nos besoins sans autres entraves que le respect de la planète et des espèces qui la peuplent, ou tous les hommes seront frères - et mon chat aussi quoique difficile à convaincre. Mais aujourd'hui nous devons faire avec le Medef et le libéralisme, le chômage et la concurrence. L'angélisme du dimanche ne doit pas cacher l'opportunisme des autres jours de la semaine et le Medef nous suffit à ouvrir les frontières de la concurrence et du libéralisme.     

Publié le 18 Mars 2011


(a) Cette "source commune" n'a pas empêché tout récement une UD-FO de s'associer à une initiative patronale pour contester devant les tribunaux la représentativité de représentants de la CNT. Les magistrats devenant de meilleurs juges que les salariés pour ce qui est de la défense de leurs intérêts.

(b) "Syndicat jaune". Syndicat "sollicité" par le patronat pour favoriser les "négociations" et "accords" d'entreprises. Je me réfère ici à mon expérience de salarié du BTP dans les années 70/80. 

(c) Par exemple, le rôle de "syndicat jaune" de la CFTCdans la négociation des accords 35 heures et de la Convention collective des Centre sociaux et de l'animation culturelle. Syndicat ultra minoritaire sollicité par un "patronat associatif" encarté au Parti socialiste (liberaux rocardiens) mais tout autant "anti-communiste".

(d) Expression figurant dans les statuts de la CGT, mais que l'on peut interpreter comme l'acceptation d'un capitalisme peu ou pas exploiteur (?)

(e) L'immigration vaut mieux que la fermeture des classes ?le corporatisme des enseignants, teinté d'un humanisme bon marché - Resf- mais à très courte vue, doit il être la loi commune au détriment d'intérêts plus généraux ? 

  "Dans une déclaration commune rendue publique ce matin, les 5 organisations qui composent encore l'intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires et FSU) affirment on ne peut plus clairement que "la préférence nationale n'est pas compatible avec le syndicalisme" et même "est antinomique avec les valeurs fondamentales du syndicalisme". Je cite. "L'exclusion, le rejet de l'autre, le repli de la France sur elle-même et la fermeture des frontières,la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l'immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l'histoire en témoigne, ne peuvent conduire qu'au pire. Les organisations syndicales sont déterminées à empêcher l'instrumentalisation du syndicalisme par le Front national qui n'est pas un parti comme les autres et dont les orientations sont à l'opposé des valeurs qu'elles portent." Cette déclaration fait suite à la polémique née de la candidature de responsables de la CGT et de FO aux cantonales sur des listes FN..."

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