Le grand enfermement - nouvelles lois sur l'internement d'office en psychiatrie (CGT Vinatier Lyon)

Publié le par DAN

Atteinte aux droits fondamentaux de la personne.

A travers les nouveaux dispositifs d'enfermement, répressifs (Hospitalisation d'Office), mis en place par Sarkozy et son équipe sous couvert d'une réforme de l'exercice de la psychiatrie nous obtenons là une représentation sans travestissement de la société libérale. La quiétude des marchés, des marchés de la finance, ne souffre plus le désordre des personnalités, ce n'est pas la solution finale à laquelle se sont essayé les nazis, mais ses prémisses. Exercice toujours plus comparable à l'ancienne psychiatrie soviétique, ou chinoise contemporaine, qui cherchera à faire du rebelle un asocial susceptible d'être le sujet de toutes les expérimentations thérapeutiques et à coup sûr de mesures d'enfermement. 


NB. Remarquons que l'initiative du personnel et de la CGT du Vinatier est relayée par le site de la CNT du Rhône et Rebellyon. 

 

"Depuis le fait divers de Grenoble et la direc­tive minis­té­rielle qui en a découlé le nombre d’HO aug­mente, les sor­ties d’essais sont de plus en dif­fi­ci­le­ment accep­tées et ne par­lons même pas des levées d’HO (Hospitalisation d’Office, ou sous contrainte du préfet). Après son enquête sur la psy­chia­trie le contrô­leur géné­ral des lieux de pri­va­tions des liber­tés, Jean-marie Delarue, est formel : « Au regard des droits de l’homme, la situa­tion est inquié­tante et elle s’aggrave. » « C’est le grand retour de l’enfer­me­ment qui carac­té­rise désor­mais ces lieux de soins. » « Les portes d’un nombre crois­sant d’unités hos­pi­ta­liè­res psy­chia­tri­ques sont en effet fer­mées à clef. » « Aujourd’hui, devant ces deman­des de sortie d’essai, le préfet hésite, dili­gente une enquête de police. Les sor­ties d’essai se sont rédui­tes comme peau de cha­grin. Des mala­des, habi­tués à sortir régu­liè­re­ment, en sont inter­dits. »

 

Les dis­po­si­tifs de soins exis­tants sont sans cesse atta­qués : fer­me­tu­res de lits, fer­me­tu­res des struc­tu­res exté­rieu­res (CMP, CATTP, Hôpitaux de jour,…), dimi­nu­tions des effec­tifs, casse de la poli­ti­que de sec­teur par les res­tric­tions bud­gé­tai­res. Par contre alors que la psy­chia­trie clas­si­que est atta­quée, l’enfer­me­ment se déve­loppe lar­ge­ment et là, l’argent coule à flot pour les grands grou­pes béton­neurs qui se frot­tent les mains : créa­tion des UHSA, mise en place de la vidéo sur­veillance dans les hôpi­taux psy­chia­tri­ques, mul­ti­pli­ca­tion des UMD, créa­tion des pri­sons pour mineurs,…

 

Réforme (extraits).

 

Création de la « garde à vue psy­chia­tri­que » : Une per­sonne pourra être gardée 72 heures en hos­pi­ta­li­sa­tion com­plète pour « obser­va­tion ». Un psy­chia­tre de l’établissement d’accueil aura préa­la­ble­ment vu le patient dans les 24 heures sui­vant son arri­vée pour affir­mer ou non la néces­sité de main­te­nir l’hos­pi­ta­li­sa­tion au vue des condi­tions d’admis­sion du patient .. comme l’expli­que le Syndicat de la Magistrature dans son ana­lyse de ce texte, les deman­des de mise en HO sont le plus sou­vent établies par les ser­vi­ces de police ... Enfin, au bout des 72 heures de « garde à vue psy­chia­tri­que » c’est le préfet qui déci­dera de la forme de prise charge du patient. Tiendra-t-il compte de l’avis médi­cal ? ... un cer­ti­fi­cat médi­cal sera obli­ga­toire seulement entre le sixième et le hui­tième jour après l’admis­sion.

Mise en place d’un « casier judi­ciaire psy­chia­tri­que » : Le projet de loi pré­voit la créa­tion d’un fichier regrou­pant tous les patients étant ou ayant été en UMD, tous ceux ayant été décla­rés irres­pon­sa­bles ou toute per­sonne ayant fait l’objet de soins sans son consen­te­ment. L’ins­crip­tion des per­son­nes dans ce fichier est sans aucune limite de durée. Une per­sonne fichée le sera donc à vie.

Un préfet tout puis­sant sur les soins : Le préfet jugera de la mise en place de soins sous contrainte pour une per­sonne, du main­tient de ce pla­ce­ment (même contre l’avis médi­cal), .... Enfin et sur­tout il pourra inter­ve­nir direc­te­ment sur les soins et la prise en charge des patients car il pourra modi­fier le pro­to­cole de soins pro­posé par un psy­chia­tre.

 

(Site CNT du Rhône, extraits)

RENCONTRE DÉBAT SALLE DES ORGANISATIONS

(en face de la chapelle)
LE VENDREDI 27 MAI 2011
de 18h À 20h
au 95, Boulevard Pinel à BRON (Vinatier)

  guignol

Publié dans SOCIETE Lyon

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