La jeunesse en retrait de la vie politique ? - élections régionales, du Crous ..

Publié le par DAN

« Tassement » à gauche pour l'Unef, « déception » à droite pour le MET (ex-UNI), selon leurs propres responsables : les syndicats étudiants politisés ne sont pas à la fête. Si l'Unef demeure, et de loin, la première organisation étudiante, les résultats définitifs publiés hier des élections aux 28 CROUS, qui gèrent les logements, la restauration et les bourses, montrent qu'elle enregistre un net recul par rapport au vote de 2008, avec 67 sièges sur 196 contre 81. Soit 34 % des voix contre 41 % en 2008. Quant au syndicat qui a remplacé l'UNI, fin janvier, le MET, il a échoué dans son pari de bipolariser le débat étudiant face à l'Unef et de devenir la deuxième organisation étudiante, avec seulement 6 sièges (13 en 2008). A l'inverse, les organisations associatives ont tiré leur épingle du jeu, à l'image de la Fage ..."

LesEchos.fr 01/04/10

Je ferais l'impasse sur la nature du "syndicalisme étudiant" - tant il devient délicat d'aborder ce qu'il en est aujourd'hui de ce statut d'étudiant au regard des politiques démagogiques conduites depuis bientôt 30 ans dans l'enseignement, démagogiques et destructrices d'une jeunesse peu préparée à des études universitaires et même scolaires. Une société qui bannit l'autorité parentale - peut être aussi parce que certains refusent de l'assumer, peut difficilement s'accomoder de la figure du Maître, mais laissons là, il y aura toujours de ceux qui prétendront lutter contre l'échec scolaire en rajoutant de l'école à l'école, - lutter contre l'autisme dites-vous ? 

Je me contenterais d'observer le recul des "syndicats politiques" traditionnels (Unef, Uni) et de mettre ce phénomène en relation à ce que l'on peut observer de l'abstentionnisme de la jeunesse lors des élections politiques. Une jeunesse que l'on met au Lycée ou à l'université comme l'on met leurs parents au chômage (ou au RSA), faute de mieux et pour se débarrasser. Car la France n'a d'autres projets que l'enrichissement de l'oligarchie politico-financière et encore le service à la personne des riches.

En définitive, cette jeunesse ne s'abstient pas d'un choix politique, elle s'installe en marge de "la société" des "gagnants", en marge, là où on la déposée. La question est de savoir pour combien de temps encore cette soumission sera acceptée.

  Un sondage TNS Sofres/logica réalisé entre les deux tours fournit un portrait robot de l'abstentionniste: il est jeune (72% des électeurs de 18 à 34 ans se sont abstenus!), il appartient à une catégorie sociale défavorisée (69% d'abstentions chez les ouvriers, 64% chez les employés), il est plutôt urbain, et, fait marquant qui confirme l'ancrage de l'abstention dans le corps social français, il s'est déjà abstenu massivement lors des dernières élections de 2008 et de 2007. A l'inverse le portrait du "républicain méritant" renvoie l'image d'une France âgée, plutôt à l'aise, détentrice d'un statut et.... désormais minoritaire. Une République des vieux, des bourgeois et des nantis qui vit en parfaite osmose intellectuelle et politique avec les oligarchies qui nous dirigent. Comment disions nous en 68 ? Démocrates, vous êtes vieux, votre régime aussi !  Paul Gilbert  La-Revue-logo.jpg

Publié dans SOCIETE

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