TINTIN au CONGO la polémique qui met à cran.

Publié le par DAN

"BRUXELLES — L'affaire "Tintin au Congo" prend de l'ampleur avec l'intervention d'une association ayant vocation à défendre la cause des Noirs en France, le CRAN, dans un procès en cours en Belgique, pour obtenir qu'un avertissement au lecteur figure en préface de l'album "raciste".

"Cet ouvrage a sa place dans un musée où il pourra être consulté par des adultes qui veulent tout savoir de l'époque coloniale", a affirmé à l'AFP le président du Conseil représentatif des Associations noires de France (CRAN), Patrick Lozès, à l'issue d'une audience devant le Tribunal de première instance de Bruxelles.

Pour autant, il ne réclame pas que l'ouvrage soit interdit mais "qu'il soit assorti d'un bandeau et d'une préface éclairant le lecteur sur la nature d'une oeuvre qui affirme une supériorité raciale, celle des Blancs sur les Noirs, et ne devrait donc pas être diffusée sans avertissement, surtout pour les enfants".

"Nous ne faisons un procès ni à Tintin, ni à Hergé, mais à des préjugés raciaux", a-t-il assuré, à propos des aventures du célèbre "petit reporter" publiées en 1930, alors que l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) était une colonie de la Belgique.

"Ne voyez dans notre démarche rien d'autre qu'une intention pédagogique", a-t-il insisté."

AFP GOOGLE 12/05/2010

 Je ne suis pas un grand amateur de BD, mon enfance a laissé au plus de maigres traces - "Les pieds nickelés" d'abord auxquels sans doute je dois un certain goût de la transgression.
Je reste admiratif ainsi du moindre convoyeur brodant lui-même son parachute, regrettant cependant que les sacs de billets aient laissés la place à des palettes, à de vulgaires emballages plastiques.
Comme aurait pu le dire Ségala en défense de ses amis, qui à 50 ans n'a pas détourné ou volé quelques millions d'euros a raté sa vie, politique ajouterais-je.
Autant dire que les mésaventures de "Tintin au Congo" font sourire au regard de l'angola-gate ou de cette affaire enterrée d'investissement des "rois nègres" en France.  

 

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"Quoi qu'il en soit, Tintin est une «star» sur le continent noir. Il n'est pas rare de croiser un Africain qui lit ses aventures dans une rue sableuse de Bamako ou de Dakar. Au Congo aussi, Tintin a ses fidèles. Même si le petit reporter n'a pas peint ce pays sous un jour des plus flatteurs. «Bien sûr, Tintin au Congo est plein de préjugés sur les Africains. Mais Hergé s'est contenté de refléter les clichés de son temps. Les Africains étaient présentés dans l'imaginaire colonial belge comme des êtres très peu évolués. Il fallait bien justifier la colonisation. Et les colons belges comptaient parmi les plus féroces» note Basongo, un enseignant de Kinshasa. Il ne réclame pas l'interdiction de Tintin au Congo. «Bien au contraire, dit-il. Cela nous aide à comprendre avec quels préjugés les Européens ont grandi. Et puis, notre pays a d'autres priorités que de faire interdire une bande dessinée».

Des Congolais reconnaissent aussi à Hergé un mérite: celui de s'être intéressé à leur pays. «Au cours de la dernière décennie, la guerre au Congo a fait près de cinq millions de victimes et presque personne n'a dénoncé ce drame. Hergé au moins a fait parler du Congo» estime Carine, une étudiante de Kinshasa. Elle ajoute que dans Tintin au Congo la vision du pays n'est pas si «ridicule que ça». Certains des maux décrits par Hergé sont encore d'actualité. Ainsi, Tintin est menacé par des gangsters venus d'outre atlantique. Ils veulent l'éliminer physiquement. Les «mafieux» sont persuadés que l'intrépide reporter vient en Afrique centrale pour enquêter sur les activités de la pègre. Des gangsters originaires de Chicago qui rêvent de faire main basse sur les richesses de ce pays.

Aujourd'hui encore, près de cent ans plus tard, le Congo a toujours des allures de «far west» où tous les coups sont permis, notamment dans le secteur minier. La criminalisation de l'économie est une réalité. De même que les assassinats de journalistes «trop curieux» ne sont pas rares.


 Le Congo d'Hergé a du vrai

Alors qu'il est sur le point de succomber aux coups tordus de ses ennemis, Tintin est sauvé deux fois par un prêtre catholique. Cette idée n'est pas totalement saugrenue. «L'une des seules institutions qui fonctionne encore en République démocratique du Congo, c'est l'église catholique. Si nous avons pu être scolarisés ou soignés, c'est bien souvent grâce à elle» explique Serge Bemba, un médecin Kinois. Il exprime ainsi un sentiment de gratitude largement partagé vis-à-vis de l'église catholique.
Autre intuition du père de Tintin, la dangerosité du fleuve Congo. A plusieurs reprises, le reporter est sur le point de mourir dans ses eaux troubles. Encore aujourd'hui, le fleuve fait l'objet d'une surveillance particulièrement étroite des militaires. Cette zone est considérée comme relevant du «secret défense». Plus d'un journaliste s'est fait arrêté pour avoir simplement tenté de photographier le fleuve. Des militaires ayant abusé de substances illicites vous menacent alors de leurs armes sans raison apparente.
Le reporter français Philippe de Dieuleveult a été assassiné en 1985 sur le fleuve Congo. Le régime de Mobutu ne serait pas étranger à cette mort, selon une enquête publiée par le magazine XXI.
Beaucoup d'Africains en veulent d'autant moins à Hergé qu'il a su faire évoluer son personnage. Dans Coke en stock, Tintin s'attaque quelques années plus tard à la traite négrière. Il dénonce la persistance du commerce d'êtres humains. Entre temps, Hergé et Tintin ont voyagé: ils se sont ouverts sur le monde.
L'Afrique s'est appropriée le personnage de Tintin. A preuve les sculptures de Tintin et Milou africanisés: elles trônent sur bien des marchés. De Dakar au Cap en passant par Kinshasa et Bamako, Tintin fait partie de l'imaginaire collectif. Un Tintin qui n'a pas plus grand-chose à voir avec le petit Bruxellois prisonnier des préjugés de son temps. Un Tintin tropicalisé et universalisé.

Pierre Malet -Slate.fr

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Favoriser l'investissement africain en France, s'en laver les mains ou prendre une douche.

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