Gendarmerie - Lettre ouverte à un poete sur la théorie du complot.

Publié le par DAN

La France est tenue au devoir de réserve.

Je dois dire qu'il est réconfortant de voir un gendarme recourir à une forme littéraire guère usitée à notre époque, la poêsie - il en était ainsi autrefois pour les grandes épopées, ici d'une des plus piteuse de l'histoire de la république.

Certes c'est aujourd'hui la licence littéraire qui fait objet de la plainte davantage que la forme - mais c'est je crois une autre "liberté" de parler de complot - Français cessez donc de railler, de moquer, la liberté de représenter son roi en poire appartient au passé. Comme l'exprimait un godillot; la France est tenue au devoir de réserve, - ou de démissionner ? C'était aussi là la liberté, et le privilège, de Marie Ndiaye de son exil berlinois, mais pour nous pauvres soutiers ?

Enfin voilà et si même la gendarmerie est au coeur du complot - "pour de rire" - il me donne là plaisir de narguer nos amis de la Revue Critique avec cet échantillon de poésie contemporaine prise sur le vif - si j'ose dire.

  gendarme

 

"Il faisait beau alors, le jour où j'ai signé/je me souviens comme j'étais fier de m'engager", débute le poème de l'adjudant. Puis "De la France, la plus noble et vieille institution (la gendarmerie)/Un nouveau Roy fut nommé [le général Gilles] et tout a changé.../Diviser pour mieux régner, tel était son but !/Il y parvint bien, précipitant la chute !".

Arrive le commandant Matelly. "L'un des nôtres osa parler sans démériter/se faisant ainsi le râle de notre douleur.../ Il fut vite éliminé par ces fossoyeurs/Aujourd'hui, sainte Geneviève (patronne des gendarmes) saigne et pleure/Je sens bien ses larmes chaudes sous mon képi/Comme si sur moi Sarkozy faisait son pipi." La fin est plus martiale : "Nous briserons nos armes, mais nous taire "Pas question !"", "Nous n'irons au sépulcre qu'après avoir tout dit".

 

"Je suis François, dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col que mon cul poise"

 

François Villon 

L'adjudant est surtout allé au casse-pipe. "Ce sont des propos outrageants, pour sa hiérarchie et pour le président de la République, indique la direction de la gendarmerie, on peut tout dire, mais il faut un minimum de respect." Quant à Jean-Hugues Matelly, "c'est un homme à qui on a tendu la main, à plusieurs reprises. Vous connaissez beaucoup d'entreprises où on peut critiquer pendant des années la direction ? Et où l'enquête dure quatorze mois, avec un avocat ? Les fonctionnaires sont soumis au devoir de réserve. Et les gendarmes encore plus, a fortiori".

L'adjudant se doutait bien que lorsqu'il pleut sous son képi et qu'il éclabousse le chef de l'Etat, l'orage menace sérieusement. Mais il était prêt à périr en héros, le vers à la main : "Soldats nous sommes, et c'est debout que nous mourrons/Et à l'instar de Cambronne, "Merde" nous dirons." 


LeMonde.fr 05/04/2010

LIBERTE D'EXPRESSION

 

De la rumeur au complot - faire rêgner l'insécurité sur Internet.

 

Connasse - un mot libre pour désigner Ségolène Royal ? (dictionnaire politique contemporain)

 

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