F. Bayrou, l'autre discours de Grenoble - Quand la démocratie n'est pas une affaire étrangère.

Publié le par DAN

 

Que se passe-t-il donc dans la société française ? si l'on peut comprendre pour quelles raisons l'oligarchie cherche à imposer le silence, silence d'abord sur sa responsabilité et pour ce faire laisser monter au créneau un ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, comme si le gouvernement peinait à trouver une voix qui ne fut pas discréditée.

Pour reprendre cependant son propos, cela fait cinq ans que nous supportons l'ignoble, l'horreur du crime de Toulouse ne peut malheureusement pas nous surprendre. Nous surprend davantage l'acceptation des règles de l'Elysée par son opposition, quand la nôtre au fond reste bien trop modeste.

Aussi il convenait de relever ici le discours de François Bayrou à Genoble, deux ans donc après les déclarations stigmatisantes de Nicolas Sarkozy, indignes de son mandat, à l'encontre des plus faibles parmi nos concitoyens, parmi les européens, parmi les étrangers. Chose rare encore que de relever ici le discours d'un centriste qui sauve l'honneur de la République.         

 

"La nation a des problèmes profonds, qui méritent qu'on s'y arrête, a-t-il dit. C'est la première fois, dans l'histoire de la France, qu'est perpétrée une tuerie qui vise des enfants, et des enfants très jeunes. Des enfants tués en raison de ce qu'ils sont, de ce que sont leurs familles, de ce que sont leurs origines, de ce qu'est la religion de leurs familles. Cela évoque des choses extrêmement profondes que nous ne pouvons effacer de notre histoire."

"Ce que je crois profondément, c'est que ce type de folie s'enracine dans l'état d'une société", a-t-il expliqué. "Les hommes politiques ont le devoir de veillerà la société dont ils ont la charge, de veiller à ce que les tensions, les passions et les haines ne soient pas entretenues, encouragées. Monter les uns contre les autres, même artificiellement, même électoralement, c'est faire flamber ce genre de passions", a martelé M. Bayrou. "On lance des sujets, des mots, ils roulent comme des avalanches et, quelquefois, tombent sur des fous", a-t-il dit, avant d'appeler à l'"unité nationale".

"Notre engagement dans la campagne électorale, c'est que les Français aient un autre choix que l'affrontement perpétuel", a lancé M. Bayrou. "Ce n'est pas une parenthèse que nous sommes en train de vivre", a-t-il affirmé, à l'adresse de ceux qui ont suspendu leur campagne, "mais une question pour la France". Le Monde 20 Mars 2012

   
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