DSK - La délinquance est elle un problème politique ? - "journalisme"

Publié le par DAN

"C’est un leitmotiv depuis le début de « l’affaire DSK » : « Nous ne savions pas. » Certes Dominique Strauss-Kahn était connu pour ses mœurs libertines, mais aucun journaliste ne semblait soupçonner qu’il puisse être violent avec les femmes. Pas même Claude Askolovitch ou Jean-Michel Aphatie, eux-mêmes présents sur le plateau de l’émission « 93, faubourg Saint-honoré » (5 février 2007) lorsque Tristane Banon racontait en détails l’agression dont elle avait été la victime présumée. Les médias ne savaient pas et ne voulaient pas savoir, arguant que tout cela n’était pas politique et relevait de la vie privée." ACRIMED
 La délinquance sexuelle est une affaire privée .. ? 

Je crois qu'il n'est pas de jour ou les médias ne nous prennent pour des idiots. Ainsi pourrait on conclure à les écouter que la délinquance sexuelle est une affaire privée, plus encore quand elle met en cause un homme politique - de quelle utilité pourrait nous être l'information selon laquelle nous serions gouvernés par un ou des criminels ?

Poussant plus loin une logique que l'on croyait éteinte depuis plus de trente ans l'acte criminel est lui-même à priori contesté, l'accusation de viol ne serait plus qu'un ragot, des propos de marginales (Nouvel Observateur) et à aucun moment la plainte d'une citoyenne, surtout lorsque ces "ragots" portent atteinte à l'honorabilité d'une "personnalité". Car il nous faut bien admettre là encore l'existence de préjugés de caste(a), plus encore quand la femme de ménage est nègre(b)!

Mais les "précédents" dans l'affaire DSK n'étaient pas si rares que l'on ne puisse poser la question du statut qui lui était accordé au Parti socialiste ou encore du choix de sa nomination au FMI par N. Sarkozy. Sans doute la réponse tient elle dans les quelques lignes de D-R Dufour ci dessous, l'acceptation des comportements délinquants qui font tant ressembler l'oligarchie au lupen-prolétariat.  

" [...] Bref, il désignait la culture dominante de ce milieu comme étant caractérisée par l'absence de limite. C'est là à l'évidence un principe cynique puisqu'il dit que c'est en étant aussi avide, égoïste et soucieux de ses propres intérêts et plaisirs que possible qu'on contribue au mieux à la prospérité générale. Or, ce principe produit un monde obscène. Un monde qu'avait d'ailleurs parfaitement entrevu et décrit le marquis de Sade au XVIIIe siècle, peu après que le principe libéral soit né, ce principe qui dit qu'il faut libérer les vices privées au motif que cela produit de la fortune publique.

Cette obscénité peut prendre diverses formes. Ce peut être soit ce que les Anciens appelaient une libido dominandi, où il s'agit de dominer en ayant toujours plus. Ce peut être une libido sentiendi qui renvoie à la volupté des sens. Les Anciens étaient fort perspicaces en ce domaine puisqu'ils disaient que ces libidos peuvent aisément se convertir l'une en l'autre dans la mesure où elles participent toutes deux de l'illimitation, de la démesure et du sentiment de toute-puissance, lequel peut fonctionner comme un puissant aphrodisiaque.

Bref, cette culture constitue un milieu incitateur à tous les passages à l'acte. On sait aujourd'hui que le monde des traders était aussi celui de la prostitution et de la cocaïne. Je serai donc tenté de voir dans l'affaire DSK un véritable symptôme de notre époque, quelque chose qui dit la vérité de ce temps marqué par l'illimitation des véritables maîtres de ce monde. [...] " Le Monde.fr 3/06/11 - D-R Dufour, extraits

  Lyon royal

(a) Le Mystere Nafissatou Diallo vu par le Nouvel Obs (Affaire DSK)

(b) Madame Priroska Nagy était de type nordique et si généreusement indemnisée de son départ que celà avait suscité une enquête interne du FMI.

   

POLITIQUE - Il est soupçonné d'abus de pouvoir dans le cadre de relations intimes avec une ancienne collaboratrice du FMI...

 

 

Soupçonné de favoritisme
Jusque-là, cela relève du domaine privé. Sauf que les enquêteurs se demandent si les indemnités touchées par Piroska Nagy à son départ du FMI, en août 2008, était ou non excessives par rapport à sa position hiérarchique. Et donc, si Strauss-Kahn a fait preuve de favoritisme à l'égard decette femme. Ou à l'inverse, s'il l'a poussée au départ parce que leur relation tournait au vinaigre.


Cela va-t-il lui coûter sa place?
Sur les compétences de DSK, rien à redire. Le souci, c'est «son rapport au femmes», avait averti en 2007 sur son blog Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, dans un post vantant par ailleurs les talents de diplomate de DSK. «Trop pressant (et non pressent, j'ai vérifié), il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France)», note le journaliste. «Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c'est la curée médiatique.» Interrogé par 20minutes.fr ce samedi, Jean Quatremer confie que «ce genre d’affaire peut coûter son poste» à DSK. Connu pour son appétit des femmes, le Strauss-Kahn pourrait ne pas se relever: «aux Etats-Unis, lorsqu’un patron a des relations sexuelles avec l’une de ses subordonnées, c’est tout de suite du harcèlement et c’est sanctionné. Car on ne sait jamais vraiment si le consentement de la subordonnée est réel.»

 

20Minutes - 18 Octobre 2008 , Alice Anthaume , extraits.

 

 

Publié dans AFFAIRE STRAUSS KAHN

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