DSK au risque de la nouvelle loi sur les soins psychiatriques. Suite sur les assertions de Michel Rocard.

Publié le par DAN

La nouvelle loi sur l'internement d'office en psychiatrie. 
L'assertion de Michel Rocard selon laquelle DSK serait un malade mental doit être considéré dans le cadre actuel, essentiellement répressif, de traitement de la folie. Victime des politiques libérales que Rocard et lui-même ont privilégié, en cas de "nouvel incident", DSK courrait le risque d'une décision d'internement d'office, camisole chimique et castration idem à la clef, les soins psychiatriques comme les médecins relégués au second plan. Le nouvel univers asilaire se construit ainsi autour du principe d'hospitalisation à domicile et d'enfermement médicamenteux privilégiant "l'ordre moral" sur la santé et le respect de l'humanité du souffrant, par soucis d'économie et de maîtrise des budgets. Ou pour les cas extrêmes de vidéo surveillance plutôt que de personnel soignant .. ou d'entretien. Aussi bien nous ne pouvons que conseiller à DSK d'entreprendre sans tarder des soins préventifs.  
 
  ".. Ici, la loi du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques, entrée en vigueur en catimini le 1er août, a été longuement expliquée. « Le jour où on en a parlé, j'ai pleuré toute la soirée », se souvient Marie. Conçue pour pallier le manque de lits hospitaliers, et lutter contre la dangerosité supposée des malades, cette loi instaure des soins obligatoires à domicile, sous la menace d'hospitalisation, renforce le pouvoir des préfets pour leverles internements forcés, crée un fichier d'antécédents qui suit le malade pendant dix ans. Après deux semaines de soins forcés, elle prévoit l'intervention d'un juge. Faute de moyens, la « rencontre » peut se faire par visioconférence : patient et juge chacun devant un écran vidéo ! Tollé général, comme dans le service de psychiatrie de l'hôpital des Murets (94), où le Dr Bernard Martin s'insurge : « Ce dispositif est absurde, et même dangereux, pour des malades en crise, qui se sentent persécutés et croient souvent que la télévision leur parle personnellement. »
Qualifiée de « sécuritaire » et « antithérapeutique », la loi a mis dans la rue quantité de professionnels, qui dénoncent une méconnaissance effrayante de la réalité des malades, la dégradation depuis des années de leurs conditions de travail, et un virage inquiétant vers une psychiatrie policière. .." Telerama, J.Benabent 30 Aout 2011
   
Tandis que la loi réformant l’hospitalisation d’office est entrée en vigueur le 1er août, des psychiatres et défenseurs des droits de l’homme appellent la profession à une « résistance éthique » contre ce texte jugé liberticide.

Avec la promulgation de la loi du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques sans consentement, les psychiatres ont peut-être perdu une bataille contre ce texte décrié mais peut-être pas encore la guerre. Le 1er août, jour de l’entrée en vigueur de la nouvelle législation qui réforme l’hospitalisation d’office, les organisations signataires du collectif « Mais c’est un homme », dont l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), ont publié une « déclaration d’entrée en résistance » contre ce texte. « Nous ne devons respecter les lois que si elles-mêmes respectent le droit, en l’occurrence les libertés individuelles et l’intimité privée », considèrent les signataires, qui proposent « un plan d’action et de résistance éthique ».

Le collectif appelle notamment les psychiatres et soignants à refuser« tout programme de soins contraint à domicile », tel que le prévoient la loi du 5 juillet et ses décrets d’application du 18 juillet. « De même, il faut opposer un refus de tout avis médical sans avoir pu examiner le patient » comme cela est envisagé dans les textes. Le collectif encourage également à saisir systématiquement le juge des libertés et de la détention tout en s’opposant au recours d’audience judiciaire par visioconférence. Moyen pourtant privilégié par le législateur au regard des problèmes structurels de la justice. Il est également important pour les psychiatres, poursuivent les signataires, d’informersuffisamment le patient dans les 72 premières heures de son hospitalisation d’office durant lesquelles doit s’élaborer le programme de soins sans consentement. Le collectif souhaite également mettre en place un pôle d’avocats et de juristes pour soutenir les recours et défenses des patients soumis à des soins sans consentement. Ce plan d’action passe enfin par « la construction d’un observatoire national de suivi de l’application de cette loi » assurant « le recueil de données, l’alerte aux droits des personnes soumises aux soins sans consentement » et rapportant aux autorités compétentes en matière de respect des libertés individuelles, indique le collectif.

À ce jour, près de 1 500 personnes de tous horizons ont paraphé cette déclaration d’entrée en résistance vis-à-vis d’une nouvelle législation qui peine déjà à se mettre en place en cette période estivale. ...

Le Quotidien du Medecin / David Bilhaut, 24 Aout 2011

NB. Bien evidement, pour notre ami Dominique Strauss Kahn les risques de se voir entrainer dans un tel parcours sont inexistant, la procédure décrite concerne le commun, vous et moi, car quel Préfêt, ancien de l'ENA, pourrait consentir à traiter ainsi un pair ? 

Publié dans AFFAIRE STRAUSS KAHN

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