Droit de Vote : la fin de l'annonymat ? .. après internet (Projet de loi Masson)

Publié le par DAN

Depuis de longs mois ça titille l'oligarchie qui craint de perdre le monopole constitué à grands frais sur les médias audio-visuels - n'a-t-on pas vu le Résident de l'Elysée s'autoproclamer "actionnaire exclusif" de France Télevision pour y imposer sa loi ? - car voilà que le citoyen acquiert des moyens de faire connaitre, de faire partager son opinion, ses jugements mais encore de s'associer dans des campagnes et celà en dehors des institutions, partis ou syndicats, c'est tout le désordre apparent de la démocratie qui met en danger l'oligarchie.

L'annonymat me direz vous ? - mais tous les citoyens ne sont pas des politiciens professionnels, rentiers de l'Etat et des partis, il leur faut faire avec la pression sociale, celle là même qui justifiait de l'annonymat du bulletin de vote, pour préserver un emploi, une vie de famille. Mais après tout le sarkozysme, qui n'est pas à court de réformes électorales, peut il encore accepter l'annonymat du vote citoyen ?

Quand à l'auteur du projet de loi, un certain J-L Masson, le Nv Obs en dresse un portrait, véritable caricature de l'oligarchie politique, bien moins que vertueux.     

"Jean-Louis Masson, sénateur non-inscrit de Moselle, est devenu en quelques jours une véritable célébrité sur le web, s'attirant les foudres de la "toile". La raison ? Le sénateur  a déposé le 3 mai dernier une proposition de loi visant à mettre fin à la possibilité pour les blogueurs non professionnels de rester anonymes.

Le sénateur s'inquiète, notamment, de la multiplication des "propos inexacts, mensongers ou diffamations qui sont, hélas, de plus en plus souvent colportés", selon lui, sur Internet.

Le web s'est depuis mobilisé contre la mesure, et plusieurs acteurs de l'Internet français ont publié, mercredi 26 mai, un appel accompagné d'une pétition contre la proposition.

Plus encore, le passé sulfureux du désormais "fameux" sénateur de Moselle refait surface. Car l'homme, souvent présenté comme procédurier, a un passé plutôt lourd concernant l'anonymat.

Un an d'inéligibilité

La première affaire le concernant remonte à 1983. Jean-Louis Masson est alors candidat aux élections municipales de Metz face au maire sortant de centre-droit, Jean-Marie Rausch. Durant la campagne, il se dit victime de tracts diffamatoires et anonymes. Or en réalité, comme le révèle en 2000 l'Express, ces attaques venaient… de lui-même. Jean-Louis Masson aurait tenté par cette manoeuvre de discréditer son adversaire, en lui faisant porter la responsabilité du tract. Découvert, il sera alors obligé de retirer sa liste.

Deuxième affaire, plus récente celle-ci. En décembre 1997, un arrêt du Conseil Constitutionnel destitue Jean-Louis Masson de ses fonctions et le condamne à un an d'inéligibilité alors qu'il vient d'être réélu comme député de la 3ème circonscription de la Moselle.

Sa faute ? Avoir financé la campagne d'un candidat, Gabriel Crippa, présenté pourtant contre lui. Il s'avérera que l'objectif réel de Gabriel Crippa était de pilonner la véritable adversaire de Jean-Louis Masson, Nathalie Griesbeck, soutenue par... Jean-Marie Rausch, encore maire de Metz."

NvObs 29/05/10

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Publié dans SOCIETE

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