Comment préserver les retraites, contribution de J. Genereux.

Publié le par DAN

PARIS — Cinq syndicats (CGT, Unsa, CFDT, FSU et Solidaires) réunis en intersyndicale mardi à Paris vont "interpeller" le gouvernement le 20 avril par un texte commun et des "initiatives" locales, qui serviront de "tremplin" à "un grand 1er mai revendicatif".

1 Mai

 

 

Voilà le Grand Déconstructeur de retour des Etats-Unis, à son retour en France il découvrira que 70% des Français dont nombre des siens dénoncent sa politique économique calamiteuse et ce ne sont pas les propositions de "Continentale" pour le reclassement de ses salariés en Tunisie (délocalisation) qui viendront les faire changer d'avis.

Mais parlons des retraites, il y a peut être une décennie "la gauche" et les syndicats faisaient campagne pour modifier l'assiette des cotisations qui pénalisait les entreprises de main d'oeuvre et jouait contre l'emploi. Jacques Généreux reprend cette proposition pour les retraites avec une argumentation convaincante.

Ne nous laissons pas rouler dans la farine par les libéraux et sociaux-libéraux.    

LIRE : Jacques Généreux "Les vrais lois de l'économie" Points Economie 9€

"En 1950, l'espérance de vie des hommes était de 63 ans (69 ans pour les femmes), elle est aujourd'hui de 77 ans (84 ans pour les femmes). Un report de l'âge légal de départ à la retraite n'est-il pas inévitable ?

 

Il y a trois paramètres sur lesquels on peut agir : le niveau des ressources (c'est-à-dire les cotisations), le niveau des pensions, et enfin la durée effective de cotisation. Si vous partez du postulat – qui est celui de toutes les réformes engagées en Europe depuis une dizaine d'années – qu'il n'est pas possible de toucher aux ressources, alors en effet, avec l'allongement de la durée de la vie, vous ne pouvez à terme que baisser les pensions et/ou allonger la durée de cotisation. Mais ce postulat est faux. On peut augmenter les ressources. Il n'y a d'ailleurs rien d'anormal à ce que la population âgée occupant une part croissante dans la population capte également une part croissante du revenu distribué.

 

Financer le régime actuel en maintenant le niveau des pensions (le taux de remplacement actuel est en moyenne de 72 %) suppose d'augmenter de 9 points le taux de cotisation d'ici à 2050. Cela correspond à une hausse progressive de 0,4 à 0,5 % par an, ce qui est parfaitement supportable pour notre économie.

 

Un levier encore plus efficace consiste à élargir l'assiette. La masse salariale représente aujourd'hui 60 % de la valeur ajoutée. Les 40 % restants vont aux entreprises pour financer les profits, les investissements, et ne participent pas au régime de protection sociale. Si, au lieu de cotiser sur 60 % de la valeur ajoutée, on cotise sur 100 %, on diminue considérablement le taux de cotisation. Evidemment, le patronat ne veut entendre parler ni d'une hausse du taux de cotisation, ni de l'élargissement de l'assiette, car son souci est de préserver une part constante des profits. Si on regarde sur le long terme, la part des profits dans la valeur ajoutée est stable quelle que soit l'élévation des taux de cotisation.

 

En 1970, il y avait 2,5 actifs pour 1 retraité. La proportion passera à 1,5 actif par retraité en 2030. Une augmentation des cotisations ne pèsera-t-elle pas nécessairement sur la compétitivité du pays ?

 

C'est l'argument classique, mais il n'est pas sérieux. La productivité du travail augmente en moyenne de 1,7 à 1,8 % par an. Le nombre d'inactifs à charge pour chaque actif va certes augmenter de 75 % d'ici à 2050, mais le revenu créé par les actifs aura dans le même temps doublé. La charge réelle sera donc en réalité plus faible !

 

Allonger la durée de cotisation pour avoir une retraite à taux plein reviendra donc à diminuer les pensions. Et la seule solution sera d'épargner tout au long de sa vie pour des régimes de retraites privés. Le message est le suivant : il y a un filet minimal qui est le social, et pour le reste c'est une affaire de choix individuels. Or c'est bien là le but : créer un nouveau secteur marchand, qui est le développement des assurances sociales privées. Le Medef ne s'en cache d'ailleurs pas, pas plus que le gouvernement. ..."

 

Le Monde 23/03/10 S. Seelow interview de J. Genereux 

LIRE

 

Champ de bataille sociale - Comment les dirigeants syndicaux battent la retraite.

 

 

23 Mars - Promenade de santé, le traitement n'est pas curatif.

 

La revalorisation des pensions de retraite - mobilisation pour les retraites, Acte 1

 

Retraite Chomage - le prix de la classe politique, les privilèges (oligarchie)

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