Beaujolais exceptionnel ou mauvaise année pour les producteurs de cannes ?

Publié le par DAN

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Un dessinateur moins indulgent notait qu'au vingtième verre on en oubliait le goût de banane, peut être aussi était il trop indulgent pour figurer ici.

Sans doute la boisson, qui n'est pas encore conditionnée en canette, échappera à la taxe sur les sodas. Comme en général la production viticole échappe à la réglementation sur l'étiquetage des substances entrant dans la fabrication du produit, un secret qui laisse libre cours à l'imagination.

Mais que la Mairie socialisse ait décidé de s'associer à de tels producteurs ne changera pas grand chose à notre opinion sur les uns ou les autres. En matière de vin, déjà, nous avons choisi le changement. 

Magouilles au pays du vin (4/5) : beaujolais sucré,

60 personnes impliquées.

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VENDANGES DE CANNES A SUCRE (Beaujolais)

C’est LE procès qui va agiter la sphère beaujolaise à l’automne prochain. Une soixantaine de viticulteurs de la région, ainsi que des transporteurs et des responsables de supermarché, comparaîtront à compter du 6 octobre devant le tribunal de Villefranche-sur-Saône (Rhône) pour "falsification de produit". Leur tort ? "Ils achetaient clandestinement d’énormes quantités de sucre pour surchaptaliser leurs vins", précise le journal Libération aujourd’hui. 

Flash-back. L’affaire éclate à la fin 2007. Un retraité achetait des palettes entières de sucre dans des Intermarché de l’Ain et de Saône-et-Loire, avant de les refourguer à des transporteurs. Ces derniers les acheminaient, en catimini, jusqu’à un entrepôt où les viticulteurs n’avaient plus qu’à se servir. Le manège aurait duré des années. Ce qui autorise à penser que les fraudeurs bénéficiaient de complicités, notamment au sein des magasins où ils s’approvisionnaient. 

Mauvaise pub
Pourquoi ce trafic ? C'est simple : pour augmenter le degré alcoolique des vins, il suffit d'ajouter du sucre dans les moûts de fermentation du raisin. C’est ce qu’on appelle la "chaptalisation" (du nom de son inventeur, Chaptal). Cette pratique n’est pas interdite. Beaucoup de régions, souvent moins exposées au soleil, utilise cette technique afin de gagner quelques degrés au moment de la vinification. Elle est néanmoins ultra réglementée, et commence à être sérieusement chahutée par les autorités bruxelloises. Dans l’affaire du Beaujolais, il s’agissait bien de "surchaptalisation". 
"Pour les millésimes 2004 et 2005, 600 tonnes de sucre ont ainsi été écoulées clandestinement", poursuit Libération. Un chiffre astronomique ! Et le trafic aurait perduré au-delà de ses deux millésimes… En tout cas, le Beaujolais n’avait sûrement pas besoin de cette très mauvaise publicité. Touchée de plein fouet par la crise, la région cherche à redorer son blason et à se réinventer. Le contexte ne s’y prête pas encore. 
G.P. 2008 / Blog Nouvel Observateur

Publié dans SOCIETE Lyon

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