Contribution marginale à l'avenir radieux du socialisme.

Publié le par DAN

 

Voilà donc quelques jours, nos amis de la RCIL ont lancé l'idée d'un débat sur le socialisme. L'idée peut paraître étrange et ce d'autant qu'il ne s'agit aucunement de débattre sur l'avenir ou des difficultés du Parti socialiste.

Mais au fond pourquoi s'encombrer d'un tel vocable si il n'est pas question non plus de s'encombrer du "socialisme réel", de Marx, de Jaurès ni même de Guesde ?

Alors, redonner vie à l'oeuvre de PJ Proudhon ? à l'oeuvre de Georges Sorel ? quand l'histoire semble avoir tiré un trait sur ce socialisme de tradition française. Ou bien le mince espoir d'un renouveau que constitue le succès éditorial de travaux autour de l'oeuvre de Georges Orwell justifierait-t-il d'appeler à une levée en masse ? 

 

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Sans doute vivons nous un temps de crise, mais peut être aussi de mystification, l'usurpation des pouvoirs, la mise à mort de la démocratie parlementaire au profit d'une ploutocratie(1), du pouvoir de la finance, s'effectue sans trop d'artifices, plus explicitement en Italie ou en Grèce déjà. 

  

En réalité le peuple français semble bien loin de partager l'indignation des peuples européens face à cet état de fait, sinon des peuples d'une partie des autres peuples latins de l'europe ou devrait on dire l'indignation des autres peuples méditerranéens.

Aurait il, ce peuple français, franchis le cap de l'indignation ? le cap de la révolte ? certainement non.

Le peuple français semble encore se raccrocher aux balivernes que lui raconte l'oligarchie et jusqu'à ce terrible Mélenchon, ce tribun digne des meilleures tromperies de l'histoire, qui ne souhaite rompre ni avec l'UE, ni avec l'OTAN, ni avec l'ONU, ni on le comprend aisément avec l'Euro.

Faudrait il croire qu'il se complaît, ce peuple français, dans les mystifications ? BHL est il le héros de ce XXI° siècle naissant ? 

 

Aussi loin de moi l'idée de considérer le débat d'idées sans intérêt, sans utilité, mais pour le socialisme qu'elle serait notre matière pour asseoir des idées ? Le mouvement des indignés qui traverse la planète sera-t-il de meilleur consistance que le mouvement "alter-mondialiste", ou bien en est-il la continuation, une recherche haletante de démocratie économique et politique, d'une économie au service des hommes, ce qu'elle aurait cesser d'être depuis des temps archaïques, mais peut être est ce là aussi qu'une illusion, une robinsonnade.

 

La vie apparaît ainsi dans une succession de conflits et de crises, ou sans chercher à y mettre un terme, nous devons prendre notre part. 

 

Mais il n'est pas dans mon intention d'aller au-delà de ce dont le mouvement social pourrait être porteur, je n'ai guère l'âme d'une avant garde - et si j'en crois les critiques dressées à une époque, l'autogestion d'autant qu'elle naît de l'incapacité de la Bourgeoisie de poursuivre cette "mission historique", ou tout du moins d'une "mission" que certains lui ont prêté, de maintien et de développement de la production des richesses matérielles, des marchandises, si donc l'autogestion nait du constat de cette faillite d'une classe sociale elle n'est pas pour autant remise en cause des échanges, de l'économie capitaliste, et voilà qui ne me contrarie pas.

L'autogestion réaliserait, et ce ne serait pas démériter, une nouvelle émancipation, l'émancipation des producteurs, au sein d'une économie d'échange pluri-séculaire qui a déjà vu se succéder plus d'une révolution et plus d'une organisation sociale de la Cité antique à aujourd'hui. 

 

Pour conclure ces quelques notes permettez moi d'emprunter à JC Michéa, d'un livre qu'il vous faut avoir lu, une courte citation du jeune Marx (1843) : "Nous ne nous présentons pas au monde en doctrinaires avec un principe nouveau : voici la vérité, c'est ici qu'il faut tomber à genoux[...]. Nous lui montrons simplement pourquoi il lutte en réalité [...]. Il apparaîtra alors que depuis très longtemps le monde possède le rêve d'une chose dont il ne lui manque que la conscience pour la posséder réellement. Il apparaîtra qu'il ne s'agit pas d'un grand trait suspensif entre le passé et l'avenir, mais de la mise en pratique des idées du passé." (p.113) 

 Et bien sûr la suite du débat est à suivre sur le blog de La Revue Critique !

Jean Claude Michea "Le Complexe d'Orphée - La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès." Climats 2011  

 

Le Lyon Royal : un blog royaliste d'ultra-gauche ? J'aime a en résumer les orientations écologistes et démocrates, autogestionnaires, par ce slogan "Le Roi, les soviets, l'électricité !". Et si je veux bien croire que la nécessité des Soviets et plus encore de l'électricité vous semble une revendication plausible, la nécessité d'un roi qui redonne à l'Etat sa fonction symbolique et bienveillante, arbitrale, ne l'est pas moins. 
 
 
Pour un socialisme populaire.
 
Faire le point de l'émergence d'un socialisme populaire ce n'est pas là s'astreindre à un long débat "scientifique", c'est comme fondement faire le constat du décrochage de l'oligarchie.
Le terme de décrochage convient pour exprimer le mépris dans lequel l'oligarchie tient la population de ce pays, mépris pour le pays lui-même, mépris pour sa langue ou sa culture souvent exprimée par "les autorités", mépris fait de suffisance que le désastre où l'oligarchie nous entraîne rend plus terrible encore.
Mépris et ignorance des populations fondés sur l'aveuglement idéologique des uns ou des autres, c'est à cela que nous pourrions résumer les politiques de l'Ump, du Parti socialiste ou du Modem. Prisonniers des règles d'un jeu économique qu'ils nous ont imposés, captifs des intérêts spéculatifs qu'ils défendent contre le plus grand nombre, les 99%, les Indignés. 
Ainsi ce n'est pas tant le capitalisme qui se voit remis en cause. La constitution des grands groupes d'industrie a depuis longtemps permis de jeter les bases d'une  "socialisation capitaliste des moyens de production", qui rend possible sans autre inconvénient l'expropriation des agioteurs et autres parasites de notre économie. Parasites qui sont aussi le terreau de l'oligarchie avec leurs "cadres dirigeants" empêtrés de parachutes et de retraites dorées et dont il conviendra de les soulager.
Non, le capitalisme entrepreneurial, celui des salariés de Fralib, de Véninov ou de SeaFrance, celui des coopérateurs, comme celui de milliers de PME PMI ne fait pas problème. Aucun problème, en tous cas, qui ne puisse se résoudre autour d'un mutuel respect des règles de droit et de savoir vivre, car la volonté de chacun est de vivre dans un bien être sûr.
Aussi l'effondrement du "socialisme réel", du "capitalisme d'Etat" nous voit-il, sans autre subterfuge, nous opposer à la domination financière, idéologique et policière, d'une bourgeoisie compradore(a)  qu'il faudra bien au même titre que cette économie, domestiquer.
Le Lyon Royal - 27 Novembre 2011.
   

Publié dans Notes de campagne

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